GROUPE THEMATIQUE "Primo-arrivants"

lundi 18 février 2008, par Stéphanie LEON
12 Novembre 2007

Ce groupe de travail s’est donné comme rythme de rencontre 2 réunions par an. L’objectif est de se réunir régulièrement pour échanger sur la situation des demandeurs au sein de chaque structure et plus globalement sur la ville. Au travers de ces rencontres peuvent émerger des propositions d’actions ou de coopérations que les partenaires peuvent contribuer à mettre en place ou auxquelles ils peuvent apporter réponse dans le cadre de leurs interventions habituelles.

Cette rencontre s’est organisée autour de 3 temps :

• La définition du public concerné par nos échanges

• La question de l’orientation scolaire des jeunes, la recherche de stage de 3ème, …

• Le projet d’accompagnement à la scolarité

La définition du public concerné par nos échanges :

Chaque structure utilise un vocabulaire différent selon le public qu’elle rencontre, selon les missions qui lui sont assignées et l’appellation « primo-arrivant » méritait quelques précisions.

Du point de vue du jeune ou de l’enfant, l’important a semblé être de prendre en compte dans un premier temps sa situation face à la maitrise de la langue. Les aspects administratifs (français, européen, demandeur d’asile, sans papiers, …) sont bien évidemment à prendre en compte puisque bien souvent facteurs de stress, tout comme les décalages culturels ou les difficultés sociales. Mais les structures éducatives considèrent important de prendre en compte comme point commun cette dimension de la langue.

Cet aspect permet de toucher aussi bien le jeune mahorais, français en situation légale sur le territoire mais ne maitrisant pas le français, que le jeune portugais ou le réfugié russophone en attente de papiers. Par exemple, le collège de l’Harteloire a intégré dans son action « classe internationale » tous les élèves nouvellement arrivés en France métropolitaine ne maitrisant pas le français.

La question de l’orientation scolaire des jeunes, la recherche de stage de 3ème, …

La situation d’accueil en primaire a évolué dans le temps. Les enfants ne sont plus inscrits obligatoirement dans les écoles Algésiras ou Jean Macé, la diversité des situations fait que les familles habitent dans tous les quartiers de la ville. Les enfants ne sont plus regroupés dans une classe et l’enseignante spécialisée intervient plus en soutien des autres enseignants. Il est fréquent que les enfants n’aient pas bénéficié pleinement d’une scolarité dans les pays d’origine.

Au collège, la situation se complexifie du fait de deux aspects :

• l’adolescence d’une part, et la volonté des jeunes de gagner en indépendance,

• l’orientation scolaire d’autre part, souvent faite plus par défaut que par choix des jeunes.

Sur le premier aspect, les jeunes ayant des difficultés à suivre les enseignements se démobilisent et cela entraine un absentéisme et des inquiétudes de la part du collège quant aux risques courus notamment au niveau de la petite délinquance autour de l’Harteloire et de Sanquer. Un lien avec les équipements de quartier serait à faire ainsi qu’avec les animateurs du Conseil Local de Sécurité.

Le dispositif d’accueil serait à enrichir d’accompagnements personnalisés aussi bien dans le domaine du soutien psychologique, que dans l’aide aux démarches, … ce qui correspond en partie au projet proposé par l’AFEV (cf. chapitre suivant).

Dans le domaine de l’orientation, la quasi-totalité des jeunes est dirigée vers des lycées professionnels. Le dispositif scolaire ne semble pas toujours bien adapté aux situations de ces jeunes. L’orientation en SEGPA est peu satisfaisante car il y a peu de places. Il y a peu de choix de BEP (pour les filles notamment) quand il y a une faible maitrise de la langue. Les jeunes sont dirigés vers des filières qu’ils n’ont pas choisies. L’orientation vers des établissements privés de type « Maison familiale » soulève la difficulté du coût de ces scolarités, …

L’apprentissage, quant à lui, ne s’offre pas à tous les jeunes puisqu’il faut être en possession de ses papiers pour y avoir droit.

Une autre difficulté réside dans l’inexistence de réseaux facilitant l’accès aux stages, aux employeurs, … Beaucoup de jeunes de troisième trouvent leur stage de 3 jours par le biais du réseau familial. Il est plus difficile pour un jeune arrivant à Brest et ne maitrisant pas la langue de rechercher un lieu de stage, de s’y présenter, …

Les acteurs du PEL pourraient jouer un rôle dans ce domaine en constituant, au travers des structures qu’ils représentent et des dispositifs qu’ils animent, un réseau de professionnels acceptant ce rôle d’accueil de jeunes en orientation.

Le projet d’accompagnement à la scolarité

L’Association de la Fondation des Etudiants pour la Ville a proposé une action se déroulant hors temps scolaire, à raison d’une ou deux séances hebdomadaires, avec un accompagnement qui se décline autour de trois axes :

• Accompagnement personnalisé et individuel : échange oral privilégié dans une approche ludique et non formelle, en offrant un espace au jeune où il va s’exprimer librement.

• Citoyenneté, découverte de l’environnement social et culturel : sorties organisées en ville afin de s’approprier les lieux/équipements publics et espaces de citoyenneté et les faire découvrir à leurs familles. Ceci pourra se travailler avec les structures pour organiser une visite par exemple. Les parents sont invités à participer aux sorties.

• Projets spécifiques : par exemple, la conception et la réalisation d’ouvrages collectifs intitulés « Histoires de Couleurs et d’Ailleurs », la réalisation d’un journal, montage d’expositions photos. Ces actions collectives ont pour objectif de rendre acteurs et valoriser les enfants nouvellement arrivés auprès de leurs pairs dans leurs établissements scolaires.

Un étudiant accompagnera un enfant dans sa scolarité et son rapport aux apprentissages (méthodologie, organisation, …). Les familles sont étroitement associées tout au long de l’action et au moment du bilan de fin d’année. Les sorties de découverte culturelle seront vivement encouragées et plus particulièrement dans les équipements de quartiers afin que les jeunes se les approprient et qu’ils les perçoivent comme des lieux de ressources.

Une rencontre entre l’AFEV et les 3 équipements de quartier va être mise en place pour favoriser ce lien et compléter le travail mené les années passées.

L’équipe pédagogique du collège aura en charge l’orientation des jeunes vers l’AFEV. L’accord de l’enfant et des parents sont indispensables pour mettre en place l’accompagnement.

L’AFEV souhaite privilégier le domicile comme lieu d’action mais dans le cas où cela ne serait pas possible l’association pourrait le faire dans les structures associatives, voir au sein de l’établissement scolaire. L’accueil au domicile permet d’avoir des liens avec les parents de l’enfant et sa fratrie. L’étudiant peut devenir une personne de confiance au fil de l’année.

Une formation spécifique va être mise en place pour ces étudiants volontaires, formation qui pourra s’appuyer sur les structures d’accueil de Brest et leurs compétences en matière juridique, sociale, éducative, …

L’AFEV entend valoriser les compétences éducatives des parents et développer une coopération entre les familles, l’école et les quartiers afin qu’ils s’investissent les parents dans l’accompagnement à la scolarité de leurs enfants. Les parents seront invités lors des sorties ou tout projet auquel ils souhaiteraient participer.

Faciliter et favoriser l’implication des parents est également le souhait des partenaires du quartier pour les aider eux aussi dans l’apprentissage et la maitrise de la langue, pour leur redonner leur place dans le parcours scolaire de leurs enfants et dans les démarches administratives (l’enfant intervient souvent comme interprète ce qui ne facilite pas la relation avec les parents).

La MPT de l’Hateloire propose toujours 3 niveaux de cours de Français Langue Etrangère avec beaucoup de demandes pour le niveau 1 et des refus par manque de places. La MPT demande aux personnes de prendre à leur charge l’adhésion et une aide passant par le CADA de 25€ vient compléter la prise en charge.

La MPT est en lien avec l’ABAAFE qui accueille des adultes dans le domaine de l’alphabétisation. Le collège avait également travaillé avec l’ABAAFE l’an dernier pour proposer des cours aux parents dans l’enceinte du collège. Cette action ne s’est pas renouvelée. Les parents ayant eu ce premier contact ont poursuivi leur apprentissage dans les actions menées par l’association. Il est proposé d’inviter cette structure lors de la prochaine rencontre du groupe de travail.

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