Objet de la rencontre :
Un travail en partenariat sur la thématique de l’accueil et l’intégration des enfants primo-arrivants a été initié depuis 2004 dans le cadre du PEL. Des actions ont été créées en direction des enfants, des collégiens et des familles pour faciliter leurs intégrations dans les écoles et le quartier. Lors de précédente rencontre, le groupe a souhaité se concentrer sur la situation des jeunes primo-arrivants de plus de 16 ans. Comment se passent la scolarité et la vie sociale de ces jeunes ? L’idée de la rencontre était de pouvoir croiser les regards pour faire un état des lieux global de la situation.
La situation scolaire
Ceux qui arrivent en France, entre 12 et 15 ans sont accueillis au collège : les élèves qui ne parlent pas français sont orientés vers les classes d’accueil de l’Harteloire ou de Kerhalet. Après une ou deux années au collège, l’orientation pour ces jeunes se pose de manière particulière :
• Ils ont une connaissance très floue du système scolaire Français et des filières proposées,
• Certains ne peuvent pas rentrer dans la filière désirée et l’orientation peut se faire à défaut. Dans ce type de situation, l’orientation ne correspond pas aux attentes familiales,
Ceux qui arrivent en France en ayant plus de 16 ans sont reçu par le CIO. • Certains sont scolarisés au lycée ou lycée professionnel. Les jeunes scolarisés aux lycées doivent apprendre rapidement le langage courant mais aussi le langage technique dans les filières professionnelles : des cours de FLE sont donnés pour répondre à ce besoin,
• Pour les jeunes ne pouvant pas intégrer le lycée, il est possible d’être accueillis dans les dispositifs relevant de la MGI (apprentissage du Français, possibilité de faire des stages en entreprise,…) Difficultés soulevées : Les jeunes sans papiers ne peuvent pas s’inscrire dans un parcours de formation type alternance ou apprentissage. Ils doivent attendre la régularisation de leurs situations pour concrétiser certains projets : la gestion du temps est difficile, l’attente peut être source d’ennui…
Le pôle ressource en Français Langue Etrangère accueille les lycées brestois primo-arrivants qui ont besoin d’un soutien en Français depuis janvier 2009 dans les locaux du lycée Dupuy de Lôme. L’accueil se fait sous forme d’un suivi individualisé. Seul le lycée Amiral Ronarc’h propose des cours collectifs de FLE.
Les situations administratives et ses incidences
Le SCODA est la structure d’accueil et d’accompagnement des demandeurs d’asile. Le SCODA est missionné pour les accompagner dans leurs démarches administratives afin de régulariser leurs situations. Le SCODA propose aux familles un hébergement le temps de la procédure (de 6 à 10 mois). Selon la réponse donnée à la demande d’asile, la situation des familles est différente :
• La réponse est positive : Les familles ont alors vocation à s’intégrer durablement que ce soit en matière d’emploi, de logement, de vie sociale….les jeunes peuvent s’inscrire dans un parcours de formation et/ou d’insertion professionnelle. Ces familles bénéficient alors de six mois d’accompagnement du SCODA et ensuite elles basculent dans le droit commun,
• La réponse est négative : les familles sont alors « expulsables » par la préfecture mais des demandes parallèles sont effectuées (titre de séjour…) Les familles en cours de demande ou déboutées sont dans une situation d’incertitude qui pèse sur la vie familiale et sociale. Cette incertitude ne permet pas de s’inscrire dans des projets (de formation ou autre),
La vie sociale
Le service de prévention et les coordinateurs jeunesse interviennent dans les quartiers. Ils vont à la rencontre des jeunes dans les lieux de vie du quartier (la rue mais aussi les structures). La prévention spécialisée propose un accompagnement individuel et mobilise des outils propres et son réseau selon les besoins des jeunes (chantiers d’insertion…). Les professionnels interviennent dans l’anonymat et la libre adhésion. Le constat posé par ces acteurs est que les jeunes primo-arrivants ont peu de réseau et peuvent vivre des situations d’isolement. Ils n’ont pas forcément de repères sur le fonctionnement du quartier et les lieux ressources pour s’intégrer à la vie de quartier etc…. Il serait également intéressant d’avoir le point de vue des équipements de quartier sur ces constats.
Situation particulière
Les Mahorais sont français mais peuvent tout de même se sentir « étrangers » quand ils arrivent en France. L’équipe mobile de Don Bosco travaille avec des garçons Mahorais. Certains de ces garçons ont beaucoup de difficultés à s’adapter à la vie à Brest. Les codes et règles de vie sont différentes, l’équipe mobile accompagne certains de ces garçons pour qu’ils s’y adaptent et évitent l’oisiveté.
Conclusion, perspectives de travail
• Construire ensemble l’état de lieux du parcours des jeunes primo-arrivants, mais aussi des ressources, des intervenants, des outils…. Cet état des lieux pourrait commencer par une diffusion des documents de présentation des structures (document de l’éducation nationale, SCODA, MGI, …) aux participants.
• Consolider les réseaux, Les interventions des professionnels se font dans le domaine de compétences de chacun. Pourtant, il semble important de travailler en réseau et de consolider les liens entre acteurs.

